Article paru le 6 mars 2010 sur le site www.tink.ch

Les Pas Perdus
 
Déambulez sur un quai de gare, mais ne montez surtout pas dans un train ! Observez les destinées qui passent à vos côtés. Prenez conscience de leur existence et de leur histoire… C’est l’objectif des Pas Perdus, une pièce de Denise Bonal interprétée tous les week-ends de mars par la troupe des Tréteaux du parvis, au théâtre du Roxy, à St-Maurice. 
 
Le texte raconte des tranches de vies sur le départ. Mais c’est la gare qui est le personnage-phare de la pièce. Le spectateur ne quitte pas le quai. Il observe, avec un regard inquisiteur, ces histoires et la façon dont ces trains influencent la vie des personnages. 
 
« La pièce peut parler à tous ceux qui ont déjà été dans une gare. Ceux qui se demandent qui sont les gens, où ils vont, ce qu’ils font », nous précise Sylvia Fardel, metteur en scène. « Parce que c’est une palette de personnages, chacun peut se reconnaître ou reconnaître son voisin, quand il s’agit de personnages négatifs (rires) ». 
 
La pièce originale de Denise Bonal a été quelque peu retravaillée par l’artiste pour qu’il en émane une image un peu moins sombre et plus légère. « Le lieu a également un côté féérique. Il arrive que l’histoire aille plus loin que la réalité. Elle reste néanmoins réaliste, parce que tout peut se passer dans une gare ». Qui ne s’est jamais laissé aller à la rêverie, en attendant le prochain omnibus ? 
 
Lorsqu’on lui demande quelle est la plus grande difficulté à relever, pour les acteurs, Sylvia Fardel répond avec empathie : « C’est une pièce très physique. Ils sont huit comédiens pour une cinquantaine de rôles puisqu’aux rôles parlants suit une figuration active. Ils jouent sans maquillage et doivent donc interpréter physiquement les personnages, les habiter complètement. De plus, l’œuvre dure 1h30 sans entracte. C’est un travail contraignant mais très valorisant ». 
 
Le décor est minimaliste. « Reconstituer entièrement une gare aurait limité l’imagination des acteurs. Ici, les comédiens ne peuvent pas se cacher dans les décors ; tout est à créer ». 
 
La mise-en-scène n’en est pas moins ludique. Des jeux de musiques et de lumière accentuent les ressentis des personnages et entrainent facilement les spectateurs dans l’univers de la pièce. Ils passent ainsi de la sollicitude aux rires, du sérieux à l’amusement, de l’introspection aux hallucinations. Le côté intemporel de la gare est rendu à merveille et la nostalgie du scénario fait écho avec l’ambiance du lieu, un vieux cinéma reconverti en théâtre depuis plus de dix ans. 
 
Les représentations débutent ce vendredi 5 mars 2010 et se poursuivent les 6, 12, 13, 19, 20, 21, 26 et 27 mars, à 20h30 les vendredis et samedis et à 17h le dimanche. Il est vivement conseillé de réserver vos places sur le site internet www.treteauxduparvis.ch ou en téléphonant à l’office du tourisme de St-Maurice au 024/485.40.40. 
 
Estelle Baur