L’année des dix ans des Tréteaux du Parvis commence par la venue, le 5 février, du Théâtre de la Cité de Fribourg qui, dans le cadre d’un échange, vient présenter Casanovade Guillaume Apollinaire.

Quant aux Tréteaux du Parvis, ils engagent un metteur en scène professionnel, Michel Moulin, qui leur propose de monter George Dandin de Molière. La pièce est complètement revisitée, rompant délibérément avec la version classique. Elle présente une misérable troupe ambulante jouant de village en village, sous la conduite d’un directeur grandiloquent, un George Dandin, où s’entremêlent la vie privée des acteurs à celle des personnages de Molière. Les acteurs ont tous énormément de plaisir à travailler et à progresser grâce aux précieux conseils d’un professionnel avec lequel ils lient tout naturellement des liens amicaux. George Dandin devient la pièce la plus jouée par Les Tréteaux du Parvis. La Première a lieu le 11 mai, puis le spectacle connaît une destinée remarquable par sa longévité. En effet, outre la tournée habituelle dans la région, il figure le 21 mai au programme du Festival Theatrissimo de Chalais et le 28 mai, il est joué à Fribourg. Après mai et juin, la Troupe reprend la pièce en automne et, le 24 septembre, à l’occasion du déplacement des autorités agaunoises à St-Maurice-Val-de-Marne (près de Paris), Les Tréteaux du Parvis sont invités à présenter George Dandin dans la cité jumelle. Il s’agit là de la première présentation d’une de nos pièces à l’étranger.

Parenthèse au milieu d’une très longue tournée, les 30 et 31 juillet, nous organisons la Fête Nationale qui se déroule sous un déluge.

Le 12 novembre 1994, Les Tréteaux du Parvis fêtent officiellement leur dixième anniversaire. Cette journée se veut mémorable et divertissante. Tout d’abord la Troupe met en place dans le hall du Centre sportif une exposition retraçant par la photo son parcours théâtral. Mais surtout, pour l’occasion, elle fait appel à Romaine, musicienne et chanteuse bien connue, qui se voit confier la mise en scène «théâtro-musicale» de Conversation Sinfoniettade Jean Tardieu, véritable musicien du langage. Avant même d’entreprendre les répétitions avec les acteurs, Romaine accomplit un réel travail de création puisqu’elle compose, à partir du texte de Tardieu, toute une symphonie rythmique originale. Cette pièce de vingt minutes exige de la part des acteurs un travail intense et une précision parfaite dans la gestuelle et dans la diction cadencée du texte. En outre, Les Tréteaux du Parvis invitent trois troupes amies: les élèves de l’Ecole de Théâtre de Martigny jouent La Poudre et le Vent de Georges Panchard, Les Tréteaux du Parvis de Cossonay présente Un voleur n’arrive jamais seul, de Dario Fo et Les Tréteaux du Bourg de Monthey interprètent La Baby-Sitter, de René de Obaldia.

En soirée, une paëlla géante régale tous les convives au Centre sportif et la fête se termine fort tard par un bal populaire